Récupération, Test

A bloc : découvrir l’escalade de bloc chez Arkose Rouen

« Regularly learn and play new sports », qu’il a dit le Monsieur Glassman. Aussi, après quelques mésaventures à base de corbeaux parlants et shakras nécessitant un peu de Déstop, j’ai tranquillement repris le yoga. Sauf que, comme j’aime autant l’aventure que Dora L’exploratrice, j’avais envie de tenter un sport qui sorte un peu de ma zone de confort. Un peu beaucoup, en fait. Parce que mon choix s’est porté sur l’escalade. Or, la dernière fois que j’ai tenté l’expérience, j’avais 8 ans, je suis montée à 1m20 et j’ai commencé à hurler comme si je revivais le rapt tragique de Pouic Pouic, ma marmotte qui faisait pouic-pouic, lors d’une funeste sieste en 2e année de maternelle. Moment gênant donc.

La blague du siècle, c’est que j’ai toujours passablement le vertige. Sauf sur les rope climbs. Pourquoi? Certainement parce que je suis trop occupée à tricoter des pattes pour me rendre compte que j’ai quitté le plancher des vaches. Qu’à cela ne tienne, j’ai foutu deux tartes à mon cerveau reptilien et direction Rouen, chez Arkose, un tout nouveau blocpark. Kécécé? De l’escalade à faible hauteur, ne nécessitant pas d’être assurés.

Arrivés sur les quais de Seine, à quelques encablures du centre ville, nous découvrons notre terrain de jeu : 1650 m2 de superficie, 120 m linéaires de blocs adultes, 30 m linéaires de blocs enfants, un restaurant, un bar, une boutique, des vestiaires, un sauna, un espace d’échauffement et, disséminés un peu partout, de confortables canapés pour se détendre entre deux voies. Les différents espaces sont répartis dans des containers, clin d’œil au passé de cet ancien hangar maritime. Voilà pour l’inventaire à la Prévert.

Bref, nous rentrons dans l’espace, avec notre air perdu de Golden Retriever abandonné. Face à nos mines de CrossFitteurs en détresse, l’accueil est plus que chaleureux. C’est parti pour un tour du propriétaire. Et là, la gamine de huit ans qui portait des cyclistes à fleurs et un palmier au sommet du crâne se réveille intérieursement. Parce que les blocs, de faible hauteur, culminent à 4m50. Oui, 4m50. Ce qui équivaut à…beaucoup trop haut quand tu fais 1m57. Heureusement de gros tapis sont là pour amortir les chutes éventuelles. Mais n’empêche qu’à ce moment précis, je pense que Johnny a fait six testaments et moi aucun.

L’espace dédié aux enfants

Après avoir récupéré une paire de chaussons – obligatoires – (non pas des charentaises mais des baskets à stratch conçues par des esprits torturés afin d’être inconfortables – et surtout pour avoir de bons appuis), c’est parti pour l’échauffement. L’idée n’est pas flirter avec l’état physiologique d’un hachis parmentier trop cuit mais de préparer ses articulations pour grimper, voire tomber. Car se réceptionner sur des genoux froids, c’est bien si tu as envie de transformer cette partie de ton corps en mousse de foie de volailles. Mais au final, ce n’est peut-être pas l’idée du siècle. Comme la classification du palmier en tant que « coiffure ».

Une fois que nous sommes aussi chauds patate qu’une adolescente dans un concert de K-Pop, c’est parti pour la grimpette. Et, histoire de ne pas tester l’amorti des tapis dans un avenir trop proche, les voies sont réparties par couleur, en mode piste de ski (mais sans le combo odeur de pieds et tartiflette). Malgré tout, les premières ascensions sont loin d’être évidentes. Mon cerveau refuse obstinément de connecter mes bras et mes jambes simultanément et je finis dans le même état qu’un Teletubby sous acide. Enfin, les bestioles vivaient sur une colline éclairée par un soleil à tête de bébé. Donc la drogue devait être produite par certaines de leurs glandes. Je suis dans le même état qu’un Teletubby – tout court.

Tu le sens, le bug?

Heureusement, une des voies a des airs de pegboards. Quatre rangées de deux prises se succèdent et c’est le moment de jouer de la traction stricte. On bascule d’un bras sur l’autre, histoire de monter tranquillement… et de se rassurer un peu ! Dieu (ou qui tu veux) bénisse les cours de spécialité gym. Cette fois-ci, c’est bon, j’ai dépassé la crise existentielle digne d’un personnage de « Au nom de la vérité ». Me voilà repartie à l’assaut des sommets (ou presque). L’exercice n’est pas évident : il faut compter (un peu) sur ses bras, beaucoup sur ses jambes, mettre ses doigts dans des orifices aux formes hasardeuses (oui, on parle toujours d’escalade), frôler la mort cérébrale parce que tu dois réfléchir à ta prochaine prise en même temps que tu es crochée comme un jambon de Bayonne au plafond d’une charcuterie…Bref, pour cette première, pas question d’enchainer les voies en mode stakhanoviste. Une grimpette est forcément suivie d’un temps de récupération.

En fait, l’exercice me fait furieusement penser à une session d’haltéro. Le cardio ne s’excite pas trop, mais par contre, tu turbines tellement du ciboulot et tu te concentres tant que tu finis plus lessivée que ta toute première paire de chaussettes Stance. La discipline est exigeante…et apprend l’humilité (si ça n’était pas déjà fait). Car, tandis que tu médites sur le sens de la vie (ou sur la consommation de psychotropes chez les scénaristes d’American Gods), affalée sur un tapis de réception, tu vois quantité d’enfants qui entament des voies de psychopathes avec une aisance non dissimulée. Ah, on fait moins la maline avec ses DU et ses Chest to bars, maintenant !! Je comprends mieux ce que voulait dire le sieur Glassman : découvrir d’autres sports permet de mettre en pratique ce qu’on a appris en CrossFit® mais aussi de sortir de sa (très relative) zone de confort. On se confronte à la nouveauté, ça peut désarçonner mais c’est l’occasion de développer ses facultés d’adaptation (et surtout de s’amuser en le faisant).

Et comme les efforts, ça creuse, sachez que ça popote chez Arkose. D’ailleurs, toute la difficulté réside à jouer à Cliffhanger tandis que de bonnes odeurs s’échappent du container-cuisine. Donc le barbu et moi avons opté pour une pause bien méritée, arrosée d’une bière brassée au blocpark de Paris Nation (parce que, c’était rest day quand même). Question solides, difficile de choisir. Sachez qu’ici, on joue la carte du local et que les copains végétariens pourront dévorer autre chose que quatre pousses de bambou. Du bibimbap (plus facile à déguster qu’à prononcer) au burger accompagné de ketchup au piment d’espelette, tout est maîtrisé. On peut se la jouer healthy ou se vautrer dans la mousse au chocolat et à la fève de tonka. Heureusement que les gros canapés vous tendent les bras en fin de repas.

Après les réjouissances, plus facile de partir à l’horizontale qu’à la verticale. Donc pour ceux qui, désormais, se sentent plus l’âme d’un spider cochon que d’un spiderman, Arkose dispose également d’un sauna, histoire de se détendre et récupérer un peu. Reste ensuite à régler son dû : sachez que l’entrée permet de rester autant de temps que vous le souhaitez. Comme le lieu est ouvert de 8h à minuit, ça laisse une grande amplitude horaire pour en profiter.

La vue sur la Seine

Pour résumer : j’ai vu ma vie défiler devant mes yeux, j’ai toujours le vertige, j’ai encore abusé de la magnésie, je me sens vieille, je n’ai pas vu la journée passer, je n’ai pas crié, les matelas sont confortables, avoir des petites mains c’est bien, avoir des petites jambes c’est moins bien, faire deux trucs en même temps c’est difficile, la bière ça rafraîchit, la playlist est chouette, l’accueil est encore plus chouette, j’aime bien faire des tractions finalement, je me suis surprise à réussir des voies que je ne pensais pas finir….Bref, j’ai adoré et je reviendrai. Et vous, ça vous tente?

Arkose Rouen (le concept est implanté dans 11 autres villes)
Adresse : 181 quai du Cours La Reine,
76100 Rouen
Téléphone : +33 (0)2 90 87 01 50
Email : contactrouen@arkose.com
Facebook : facebook.com/arkoserouen
Ouvert de 8h à minuit

Retrouvez tous les tarifs ici.

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