Rencontre, Shopping, Test

Handle & Wire : la marque de jump ropes qui monte !

Au French Throwdown, au Marseille Throwdown ou au West Coast Throwdown, tu as peut-être tenté de te flageller avec les heavy ropes de Handle & Wire, la marque venue tout droit du Canada. Afin de mieux connaître l’histoire de ces cordes, Phil, qui a lancé la marque, a répondu à mes questions. Et retrouve mon test de la corde Handle & Wire en fin d’article !

L’interview

Peux-tu te présenter?

Salut ! Je suis Philip Roussy, fier Canadien qui habite la merveilleuse ville de Québec.
J’aurai 40 ans dans 3 mois et j’ai toujours été aussi beau bonhomme (hahaha). Je suis un
aventurier de la vie si je peux dire puisque j’ai exploré beaucoup d’avenues.


Quel est ton rapport avec le CrossFit®? Est-ce un sport que tu pratiques ?

J’ai découvert le CrossFit® à l’été 2012 lorsque que je suis tombé par hasard sur les CrossFit® Games en parcourant internet. J’ai toujours aimé les sports d’entraînement alors je voulais, moi aussi, en faire. Comme d’autres, je voulais être encore plus en forme avant de commencer, alors je ne me suis pas lancé immédiatement. Par contre, j’ai passé mon Level 1 avant même d’avoir fait un seul entraînement de CrossFit®. Ce n’est que 10 mois après l’obtention de mon Level 1 que je suis entré dans une salle pour m’inscrire, c’était en août 2013 à CrossFit® Lévis. J’y étais tout le temps !!!
J’étais Massothérapeute du Sport à ce moment-là. Rapidement, je me suis intégré. Je
massais dans les compétitions locales et provinciales. De 2014 à 2017 j’ai été de la team
Médic lors des CrossFit® Regionals, J’ai massé Camille Leblanc-Bazinet, Patrick Vellner, Alex Vigneault, Alexandre Caron et beaucoup d’autres. J’ai fait beaucoup de rencontres dans le milieu et j’ai énormément discuté avec tous ces gens impliqués.
En 2015, j’ai co-acheté le centre où j’ai commencé le CrossFit®. L’aventure n’était pas
évidente puisque nous étions plusieurs propriétaires et que les rentrées d’argent ne permettaient pas d’avoir un salaire permettant de régler les factures personnelles. J’avais des emplois de nuit, en plus de masser. Bref, l’aventure s’est terminée en 2019.
Les horaires compliqués ont fait que le rythme d’entraînement n’y était plus.
Donc, mon rapport au CrossFit® ? J’en suis passionné depuis maintenant 10 ans et
m’intéresse à chacune des tentacules qui s’y rattache. Je pratique toujours, mais pas aussi
intensément qu’au début, je le fais toujours pour garder la santé, mais surtout parce que c’est un endroit super pour côtoyer de belles personnes.


Quand et comment as-tu eu l’idée de créer ta marque de cordes à sauter?

Je saute à la corde depuis mon tout jeune âge et j’ai toujours aimé ça. Ok, il y a eu un
moment adolescent et jeune adulte où c’était moins cool, alors je ne sautais pas.
Entrepreneur, on l’est ou on ne l’est pas. Dès que j’ai recommencé à sauter à la corde
pendant les entraînements, je pensais déjà au petit business possible.
On saute chaque semaine et toutes les semaines de l’année, les cordes disponibles dans les centres ne sont jamais en bon état, pas bien ajustées et tout le monde se bat pour la seule encore en bon état. C’est le seul équipement d’entraînement qui doit être personnel à mon avis (les protections pour les mains ne sont pas un équipement d’entraînement, mais de protection et ça n’existait pas à l’époque).
Donc, me voilà en 2016, analysant chacun des câbles que je trouvais pour appréhender les meilleures spécifications possibles. C’est donc avec une bobine de câble que j’ai
commencé.
Ensuite, j’ai fait de l’importation depuis la Chine via Alibaba. Je suis tombé sur de la #”/$%,
ensuite un peu mieux jusqu’à ce que je trouve le modèle qui m’a aider à me positionner, mais qui a aussi aidé beaucoup de gens à réussir les double sauts, C’était la Honey!
Depuis 2017/2018, je dessine mes propres modèles et depuis 2019, toute la fabrication est faite au Canada.

Quelle est la spécificité d’Handle & Wire? Qu’est-ce qui la différencie des autres
marques?

Une corde à sauter demeure une corde à sauter, on ne réinvente pas la roue, mais on peut
fabriquer de belles et bonnes roues ou des roues moins durables et parfois moches. Comme une barre Eleiko fabriquée avec un acier de haute qualité et assemblée avec minutie en comparaison d’une barre générique fabriquée en Chine à faible coût.
J’aime les belles choses, la qualité et connaître la provenance des objets utiles. D’ailleurs, le slogan de Handle & Wire, c’est « Fitness Jewelry ».
La corde est le seul objet d’entraînement qui t’appartient, que tu choisis selon tes goûts ou qui t’est offerte en fonction de ta personnalité. Elle est ajustée juste pour toi et surtout elle est utilisée pour que tu gardes la santé – qui est le plus grand joyau que tu possèdes. Ton coeur devrait être ta plus grande pierre précieuse, sans avoir un coeur de pierre par exemple (clin d’oeil)
Je dessine et choisis les matériaux et composantes en fonction de la beauté, du confort et
de la qualité finale. Je pourrais faire en sorte que mes coûts soient plus bas et générer plus
de revenu en ayant des dessins ordinaire et facilement machinable, mais cela entre en
conflit avec mes valeurs.


Comment se passe la conception d’un nouveau modèle?

Je dirais que ça dépend de l’inspiration du moment. Il y a toujours des éléments qui
reviendront sous des formes différentes mais qui seront nécessairement là étant donné
qu’une main reste une main.
Lorsque je dessine un modèle pour une entreprise, par exemple Gorila Fitness au Québec, je m’étais inspiré du bambou. Les poignées étaient donc de petits bambous. Honnêtement, j’étais assez content du résultat puisque la poignée offrait une variété de prise.
Je dessine plusieurs variantes que j’imprime à l’échelle en 2d sur du papier ordinaire, je les
colore, les place dans le fond de ma main, les laisse dormir au fond d’un tiroir jusqu’à un jour faire un prototype et me dire, yesss !


Tu proposes également des heavy ropes. Comment as-tu eu cette idée?

En 2018, Alexis Leblanc-Bazinet organisateur des Atlas Games, m’a demandé si je
pouvais fabriquer des heavy ropes pour l’évènement. J’ai répondu “bien sûr” alors que je nesavais même pas si je le pouvais.
La compétition commençait le vendredi et le lundi, je n’avais pas encore mes poignées. Pire encore, je ne savais pas si les roulements allaient bien entrer dans les poignées. Elles n’étaient pas parfaites et certaines ont lâché pendant la compétition, mais il faut ce genre d’expérience pour se positionner et s’améliorer.
J’ai donc repris mes dessins et amélioré le montage des poignées pour finalement avoir le
résultat que tu as vu au French Throwdown et au Marseille Throwdown.


La marque est désormais implantée en Europe. Était-ce au programme ou est-ce ta venue au French qui a été un déclencheur?


En fait, je ne peux pas encore dire que je suis implanté en Europe, ça demande un peu plus
de temps. Mais je peux dire qu’on m’a vu !
Je venais initialement en France que pour 8 jours afin d’être au French Throwdown. Je
devais rapidement repartir puisqu’une compétition majeure à Vancouver, la CanWest,
souhaitait également intégrer les heavy ropes. Pendant le French, j’ai reçu un courriel
m’annonçant que les plans avaient changé et que les cordes ne seraient pas utilisées. J’ai
donc annulé mon billet de retour pour développer faire connaître Handle &Wire ici et au final j’aurai été ici 90 jours ! J’en ai profité pour lancer un site web européen.
C’était au programme, oui et non. Le Canada est un énorme pays mais avec une population beaucoup moins grande que la France ou les pays d’Europe. Je voulais élargir mon marché et comme tous mes principaux concurrents sont aux États-Unis, je me suis dit pourquoi pas aller dans un endroit qui parle ma langue et où le CrossFit® est en plein boom.
J’ai partagé ma vie avec une femme formidable qui m’a soutenu et qui disait toujours “Go”
“Fonce” ! D’arrêter de dire que j’ai une petite entreprise, mais une entreprise qui a un
énorme potentiel. Alors un matin j’ai dit GO, j’ai pris un sac, j’y ai mis des cordes à la place
du parachute et j’ai sauté. Me voilà maintenant ici, à m’implanter en Europe.
J’en ai bavé avant de partir, pendant que je venais et j’en bave encore, haha 🙂 C’est un
parcours et une aventure entrepreneuriale incroyable.


D’ailleurs, comment ta heavy rope s’est-elle retrouvée mise à l’honneur lors d’un event du French?


Les heavy ropes sont dans des compétitions dans l’est du Canada depuis 2018. Comme je
disais plus haut, je voulais faire un plus grand saut. J’ai contacté des compétitions de plus
grande envergure. Fin décembre 2021 et début janvier 2022, j’ai contacté par plusieurs
moyens l’organisation de la French Throwdown. Finalement, c’est Paul
Tremblay de CrossFit® Canada qui m’a mis en contact avec Daniel Chaffey, que vous
connaissez tous, qui m’a mis en contact avec l’organisation. Finalement, j’ai eu un refus
puisque l’un des partenaires principaux de la compétition avait l’exclusivité sur les cordes.
Je me suis donc tourné vers la Marseille Throwdown, mais le contact n’a pas été plus facile.


Finalement, le 12 mai au matin, j’ai reçu un courriel me demandant si je voulais travailler
avec l’organisation puisque des heavy ropes étaient inclus dans un event et que le
partenaire en question ne fabriquait pas les cordes souhaitées.
Cinq minutes après, je courais un marathon en pleine forêt vierge, un bandeau sur les yeux. Pas question de tomber !


Quels sont tes projets pour les mois à venir?


Difficile à dire ! Développer ! Tout dépend aussi si la France me tolère plus longtemps ou si
je dois retourner chez moi une fois mes 90 jours autorisés dépassés. Sinon, je reviendrai
dans trois mois pour continuer le tour de la France et peut-être la Belgique, l’Italie,
l’Espagne.
J’approche aussi la Dubaï Fitness Championship. On verra bien ! haha.
Sinon, une grande marque aimerait que je leur propose un dessin d’une corde en
collaboration avec eux. L’idée me plaît énormément.
J’aimerais aussi trouver quelqu’un pour partager l’aventure, puisque pour un seul homme,
faire la conception, la fabrication, l’assemblage, le marketing, le démarchage …. c’est
beaucoup et éventuellement non viable.
Tout va vite et il faut donc suivre le courant !

Le test

Je ne m’en suis jamais caché : en matière de corde à sauter, je suis une indécrottable de la marque américaine RPM. D’abord pour la valeur sentimentale – c’est la corde avec laquelle j’ai enfin réussi à passer les DU et j’en ai fait l’acquisition lors de notre voyage aux CrossFit® Games 2015. Ensuite, parce que je n’ai jamais trouvé mieux. Depuis 7 ans, je change le cable une ou deux fois par an et roulez jeunesse.

Sauf ma corde Handle & Wire a complètement changé l’alignement des planètes, nom d’un Elon Musk ! Ca me perturbe beaucoup. Bon, pas autant que la décès de la Reine d’Angleterre-je vis dans le déni depuis deux semaines. Mais ce trouble dans la force n’est pas négligeable. Certes, je ne suis pas encore passée en mode merguez, tel un Anakin Skywalker qui a complètement lâché la rampe.

Il faut dire que les modèles Handle & Wire sont assez redoutables. Pour tout te dire, je n’ai jamais passé autant de DU unbroken. Et ce, même en mode éclopée (merci l’aponévrose plantaire qui s’éternise). Ce qui a valu au barbu d’investir parce que « je passe les DU beaucoup trop vite », désormais et il avait bien envie de s’équiper d’une sulfateuse à doubles sauts. Alors que, précisons-le, lui était un membre actif de la confrérie RPM.

L’une des grandes forces de la marque? Pouvoir construire une corde presque sur mesure. Ainsi, tu peux choisir tes poignées, leur poids et leur longueur (en plus de la couleur, mais là, c’est la cerise sur le tiramisu). Deux éléments qui ont, à mon sens, une importance majeure dans la préhension de ta corde à sauter. Parce que, clairement, si tu as l’impression d’être le batteur de Blink 182 (smala Kardashian non incluse) lors de tes WODs, c’est peut-être que tes poignées sont un peu trop grandes pour tes mimines. Là, ça ne risque pas d’arriver, en particulier quand tu as la chance de les choisir directement sur le stand de Phil. C’est aussi l’occasion de régler le câble pile à ta taille.

Je craignais que le système câble-poignées, indépendants l’un de l’autre, s’avère moins pratique pour sauter – un a-priori justifié par de mauvaises expériences précédentes et, du au fait que, chez RPM, le câble est fiché dans la poignée. Râté, Ghislaine. Et, d’un sens heureusement. Tu sautes plus vite que ton ombre ! Et pour l’instant, bien rangée au chaud dans son petit pochon, la corde est comme neuve – malgré 3 mois d’utilisation sur des sols pas toujours adaptés. Bref, tout ça augure de belles sessions d’entraînement, et une adoption permanente ! Ca doit même envie de se frotter à une heavy rope… Mais pas littéralement, hein.

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