Rest day, Test

J’ai testé le WHOOP 4.0

Avis aux enfants des années 1990, cet article n’a rien à voir avec l’organisation secrète qui mettait en danger la vie de Sam, Clover et Alex, alors qu’elles n’étaient encore que d’innocentes lycéennes. Le WHOOP donc je vais te parler, c’est plutôt ce bracelet que tu vois au poignet de tous les athlètes des GAMES. Il faut dire qu’en 2021, le bracelet WHOOP est devenu l’objet connecté officiel des CrossFit®. Pas étonnant alors qu’on puisse suivre le petit cœur qui s’agite de nos athlètes préférés, en direct lors des events.

A l’instar des électrodes et autres pistolets de massage qui sont, en leur temps, sont devenus indispensables du jour au lendemain (avec de, potentiellement, finir aux oubliettes), le WHOOP est actuellement plus désirable qu’un ventilo Dyson en temps de canicule. Alors, simple effet de mode ou véritable game changer?

En guise de préambule, je tiens à remercier Roxane, qui a eu l’immense gentillesse de me prêter son WHOOP 4.0 pendant plusieurs mois. Sans elle, le test aurait simplement été impossible (j’ai bien contacté la marque mais je n’ai jamais obtenu de réponse). Aussi, un grand merci à Roxane !

Premières impressions

Avec le WHOOP, pas de chichi : un capteur, un bracelet, un batterie, un câble. Voilà, simplissime – aucun rapport avec le monsieur qui cuisine sur France Télé. La bestiole est conçue pour être légère, facile à porter, et facile à oublier.
A la différence de bien des fitness trackers, le WHOOP ne dispose d’aucun écran. Ce qui évite toute distraction – comme d’éventuelles notifications quand ta montre est synchronisée avec ton téléphone. Revers de la médaille? Qui dit pas d’écran, dit pas d’horloge. Si tu veux connaître l’heure, tu dois te balader avec ton téléphone ou te la jouer Parker Lewis niveau expert et adopter une bonne vieille Flik Flak. Ce qui peut laisser tes proches penser que tu as abusé des sodas sans sucre et que tu te prends pour un foutu Power Rangers.


Pour l’instant Cristina Cordula, sache que le bracelet de base est noir. Si tu souhaites un coloris un plus original, il faut passer par la case « Visa ». Qu’est-ce que tu crois Business is business. Donc WHOOP a imaginé une flopée de couleurs franchement canons – dont une en collab avec le papa de CrossFit® Mayhem, Rich Froning. Montant des dégâts? De 49€ à 99€. Je sais, moi aussi l’information a tendance à me faire bégayer.


Et ce n’est pas fini. Parce que tu dois aussi t’acquitter d’un abonnement, revenant de 20€ à 30€ par mois en fonction de la période d’engagement. Oui, il y a une période d’engagement.

Tu peux aussi, si tu ne sais pas quoi faire de ton Plan Epargne Entreprise, acheter fringues et sous-vêtements spécialement conçus pour loger ton capteur WHOOP et ne plus avoir besoin de le planquer maladroitement dans ta brassière quand tu fais sécher le bracelet après la douche. C’est également une option pour celles et ceux qui ne supportent pas de woder avec quelque chose autour du poignet. Mais sache que ce n’est pas forcément donné (29€ la culotte, par exemple).

D’ailleurs, c’est dans ces moments-là (après la douche) que tu te dis qu’un deuxième bracelet ne serait pas du luxe. Et après, tu te souviens du prix dudit bracelet. En fait, si, c’est du luxe.
Parce que si tu te douches avec ton WHOOP, comme le bracelet est en tissu, il sèche sous 48 heures ouvrées. Si tu ne te douches pas avec, le truc pue la mort. Your choice.

Voilà pour les infos de base. Maintenant, à l’usage, ça donne quoi?

Utilisation

Calibrage

D’abord, tout se passe via une appli. Ensuite, il a fallu un petit moment pour que les données soient fiables. La raison? Le WHOOP se calibre en fonction de ton activité, ton sommeil, … En ce qui me concerne, ça a bien mis deux semaines avant que les planètes soient alignées.

Données

Ca mesure quoi? Beaucoup, beaucoup de paramètres ! Les trois mesures « phare » sont l’intensité des efforts (Strain), le pourcentage de récup (Recovery) et l’efficacité de ton sommeil (Sleep).

Strain

Strain se base sur les activités effectuées, comme un WOD, par exemple. Chaque jour, l’appli te recommande un niveau d’intensité, en fonction de comment tu as dormi, et, par conséquent, récupéré de la veille. Un niveau d’intensité que j’ai, en toute honnêteté, beaucoup de mal à adapter. Mais ça me permet au moins d’avoir une vague idée de la raison pour laquelle je peux être en mode « je ne suis qu’un corps astral » sur certaines sessions.
A la fin de chaque activité, le WHOOP t’indique si tu as, par exemple, amélioré tes capacités aérobiques -sans rapport avec Véronique et Davina – ou si tu étais plutôt sur de la récup active (ce qui vaut parfois des insultes marmonnées à l’encontre du dispositif quand tu as eu l’impression de perdre un poumon et qu’elle t’indique que c’était, selon elle, plutôt une petite récup des familles).


Jusqu’à très récemment, parmi la foule d’activités possibles (85 au total), on trouvait « CrossFit® ». C’est désormais devenu « Box Fitness ». Ce qui, pour l’utilisateur, ne change pas grand chose. Toutefois, cela est la conséquence de la fin du – court – partenariat avec CrossFit®.
Quoi qu’il en soit, tu peux être une sorte de slasheur du sport : du trajet entre la box et chez toi au football américain, la liste des activités enregistrées par le WHOOP est longue !
Comme tu dois tout le temps bidouiller sur ton téléphone pour lancer une activité – ce qui, à mon sens, est un peu chiant – sache que tu peux aussi enregistrer une activité après l’avoir terminée. Ce qui est plutôt pratique !

Recovery

Recovery prend également en compte ton rythme respiratoire et la variabilité du rythme cardiaque. Les siestes et certaines activités comme le yoga permettent aussi d’optimiser le pourcentage de récup. D’ailleurs, tu as même une fonction qui enregistre ton sommeil pendant la sieste.

Sleep

Sleep est, à mon sens, une fonction intéressante. Elle t’indique le temps passé au lit ainsi que le temps de sommeil. Elle renseigne également sur le temps passé dans chaque phase de sommeil. L’application t’informe de l’heure idéale pour te coucher et la quantité de sommeil nécessaire pour être en forme. Tu peux aussi intégrer un réveil, qui te secoue les puces à une heure donnée, ou quand le WHOOP sait que tu as atteint un objectif (100%, 85% ou 70% de tes besoins en sommeil) ou que tu es dans la zone verte pour ta récup.
Chaque statistique est enregistrée, et tu peux voir l’évolution de ces paramètres au fil des mois.


WHOOP is watching you

Je te l’ai dit, le WHOOP collecte beaucoup de données. Mais vraiment beaucoup. Certaines, comme le poids ou la taille paraissent essentielles, ne serait-ce que pour obtenir un calibrage correct du dispositif. D’autres sont clairement moins utiles, du moins si tu n’envoies pas des bilans de santé à ton médecin toutes les semaines. Car, oui, tu peux envoyer ton bilan de santé WHOOP à ton docteur, ou à ton coach si ça te gratte la cuisse. Tu pourras donc communiquer l’évolution de ton rythme respiratoire et cardiaque, la fréquence de tes activités ou la qualité de ton sommeil ces 30 et 90 derniers jours. Le WHOOP t’indique également l’évolution de la température à la surface du corps ou le taux d’oxygène dans le sang.

Si le cœur t’en dit, tu peux aussi répondre à une foule de questions, concernant tes cycles menstruels, ton régime alimentaire, ou la fréquence de tes rapports sexuels. Oui, oui.

Fonctions supplémentaires

Si tu veux tenter de devenir influenceuse en corde à sauter sans corde, tu peux, via l’appli, faire un joli selfie post entraînement, avec les indications de rythme cardiaque et de calories dépensées (ah, là, ça peut être problématique si tu as passé 20 minutes sur un elliptique à t’enfiler des Pépitos tout en regardant une rediff des Pervers narcissiques Princes de l’amour). Va falloir faire un check miettes avant de faire pêter le hastag « Je ne transpire pas, je scintille ». Personnellement, vu ma tronche de vieux steak hâché après un WOD, je te laisse imaginer que la photo, on oublie.

Par contre, le fait que tu puisses faire partie de groupes, partageant une passion, un intérêt, un régime alimentaire, fréquentant la box, aimant mettre du vinaigre sur leurs frites, ou que sais-je d’autre, est plutôt sympa.

Certains groupes, comme celui de Morning Chalk Up, par exemple, lance régulièrement des défis, avec des récompenses à la clé. Ca challenge, même si tu t’aperçois que certaines personnes doivent être ascendant hamster compte tenu de leurs dépenses énergiques quotidiennes.

Recharger le WHOOP

Franchement, c’est tout un poème. A l’heure actuelle, je ne suis pas persuadée d’être convaincue par le procédé.

Pour recharger le bracelet, il faut brancher une batterie externe sur un ordi. Une fois chargée, elle se clipse sur le WHOOP. Cela évite de retirer le bracelet. Sauf que la batterie alourdit considérablement le WHOOP, le rendant peu pratique à porter, notamment pendant une session de sport.

Par ailleurs, le WHOOP se recharge rarement à 100% en une fois. Il faut donc charger et clipser la batterie externe deux fois pour atteindre les 100%. Par ailleurs, le WHOOP se décharge assez vite – environ tous les trois jours. Ce qui peut être plutôt contraignant, sur quand on doit faire le micmac avec la batterie externe.

Bilan

Indéniablement, le WHOOP est un outil intéressant pour tous les sociopathes des données corporelles. Comme je suis un peu une Norman Bates de la récup, j’ai trouvé l’expérience franchement marrante. Cela m’a permis, notamment, d’être bien plus régulière sur mes heures de coucher et d’améliorer mon sommeil. J’ai également vu une véritable corrélation entre certains paramètres (température de la chambre, consommation d’alcool, …) et la qualité de mon sommeil et, par conséquent de ma récupération.

Je suis dubitative concernant l’estimation de la dépense calorique. Elle est calculée selon l’estimation faite par l’appli de ton métabolisme de base, de ta digestion et de tes activités. Si j’en crois le WHOOP, je dépense rarement plus de 1600 kcal par jour. Ce qui me paraît peu compte tenu de la façon avec laquelle je m’agite constamment.



L’application est bien faite, mais en anglais. Ce qui, quand tu n’as pas forcément un niveau de grand-briton fulgurant – surtout dans des termes un brin médicaux – peut freiner certains utilisateurs et en limiter le maniement à son plein potentiel.
Un dernier point, et pas de moindre : l’aspect financier. Ai-je envie de dépenser, au moins 300€ par an (hors prix du bracelet) pour collecter toutes ces données? Est-ce qu’une montre sportive connectée plus traditionnelle ne fait pas l’affaire? La question se pose.

A retrouver sur : https://www.whoop.com/

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