Blablabla, Débuter, Récupération

Point Périnée

Voilà quelques jours, un article a foutu en l’air mon équilibre cosmique. Putain, toutes ces fumigations de Palo Santo et toutes ces tentatives de me connecter avec l’univers en mangeant des mini-carottes au petit déj, tout ça réduit à néant ! Comment? A cause d’une publication qui a transformé mes chakras en ersatz de porte-clés en scoubidou. Le dit-texte recommandait aux personnes qui ont des problèmes de périnée d’aller se vider la vessie avant le WOD et en gros, si elles étaient malgré tout sujettes à des fuites, il était préférable d’en rire.

Intérieurement, j’ai vrillé. Et un peu extérieurement aussi – si tu as vu ma petite mise au point sur le sujet publié sur la page Facebook du blog. Après être un peu redescendue en pression (rien à voir avec de la 1664), je me suis dit que le sujet était trop important pour en rester là. Surtout qu’il a tendance à être plus ou moins tabou. Bah oui, parler de fuites urinaires, c’est moins glamour que de publier une vidéo de snatch à 177 kilos. Ce qui ne m’arrivera jamais. Sauf peut-être dans une vie suivante, réincarnée en demi-taureau slovène avec une combi qui moule les roupettes et une pilosité digne d’un partenariat avec Mondial Moquette.

Comme le snatch, c’est foutu pour cette vie-là, autant aborder le sujet « vessie/pipi/périnée ». D’abord, premier point, ce n’est pas comme Voldemort, tu peux en parler, ce n’est pas pour ça que ça risque de causer des épanchements dans ta sloggi.

Photo : Meghan Holmes sur Unsplash

Ensuite, sache que le fameux « pipi de la peur » est un faux-ami. Un peu comme le Nocciolata. Ce n’est pas parce que ça ne fait pas de mal aux orang-outans, et que c’est bio, que ça ne va pas flinguer tes bonnes résolutions.

Pour tout te dire, jusqu’à récemment, je n’avais rien à reprocher au « pipi de la peur », jusqu’à ce que j’en discute avec Princesse Périnée, kiné et autrice de In Périnée We Trust.

En effet, chez certaines personnes, c’est simplement une manie. Chez d’autres, c’est plutôt une sorte d’épée de Damoclès, une précaution quasi-obligatoire avant de commencer un WOD, généralement avec des sauts.

Dans tous les cas, le « pipi de sécurité » est une aussi bonne idée que de manger une choucroute avant un WOD endurance. Il est recommandé d’aller uriner seulement quand on en a envie et pas « au cas où ». Et l’échauffement au squat au-dessus de la cuvette en mode « oh mon Dieu, tous ces germes font me sauter dans le trou de balle », rend quasi-impossible de complètement détendre son périnée et de laisser la vessie faire son boulot de Dame Pipi.

Alors, oui, tu vas me dire, « ça me rassure ». Voire « je ne peux pas faire autrement ». Sauf que le « pipi de la peur » ça revient un peu à dire un truc comme « on va faire des push-ups, si vous êtes sujets aux tendinites, c’est le moment d’appliquer votre crème anti-inflammatoire ». Euh, qui fait ça? (Si quelqu’un a dit « moi » : Euh, tu as des actions dans les labos pharmaceutiques?) On est d’accord, c’est débile.

Photo : Chichi Onyekanne sur Unsplash

Bah c’est à peu près aussi débile que de dire que les fuites urinaires, ça arrive et qu’il faut prendre ses précautions. OK, merci Jean-Pierre, tout cela est fort constructif sauf que ça ne fait pas avancer le schmilblick. Donc, on fait quoi? On en rigole?

Evidemment, non. On prend le problème à bras le périnée. Enfin, façon de parler. Sauf si tu es très très souple. Donc avant de paniquer, tu en parles à ton/ta coach. Oui, tu n’as pas envie de le faire. Mais quand tu as mal quelque part, tu lui dis? Quand tu as un pépin musculaire, tendineux, …tu lui dis? Là, c’est pareil, tu lui dis.

Simplement parce qu’il s’agit peut-être d’un problème d’abdos. OK, je simplifie un peu. Je te raconte le deal.

On a des muscles externes et visibles – par exemple, les abdominaux, qui sont peut-être un peu moins visibles si tu viens de t’enquiller un marathon frangipane et cidre. Mais aussi des muscles qui se planquent sous les autres muscles. Les rois du cache-cache, on les appelle « muscles profonds ». Un nom qui n’a rien à voir avec un goût particulier pour les discussion autour de la philosophie kantienne. Au sein de notre sangle abdominale, il s’agit du transverse – aucun rapport avec le chemin dans Harry Potter. Il retient les viscères.

Visuel : https://www.womumstudio.com

C’est aussi un collègue du périnée : les deux bossent ensemble. Donc qui dit transverse engagé, dit périnée en sureté (merde, on dirait presque une pub pour la sécurité routière). Dans le cas contraire, cela peut être la cause de ces « accidents ». Apprendre à bien engager son transverse est une première étape dans la prise en charge des fuites urinaires. Cadeau bonux, un transverse correctement engagé permet de s’améliorer en gym et en haltéro, puisque cela rigidifie la caisse abdominale. Tu es gainé, Francis !

Photo : Sam Sabourin sur Unsplash

Si l’étape « engageons le transverse » ne suffit pas, c’est le moment de se tourner vers un professionnel de santé. Va voir ton médecin afin qu’il/elle te prescrive des séances de rééducation périnéale. Là encore, pas envie, pas le courage, … Certes, le sujet est vécu comme intime par nombre de personnes. Mais, comme me disait Princesse Périnée, il faut dédramatiser la situation. Tu dois entamer un processus de rééducation. Comme si tu avais une entorse, une tendinite, ou n’importe quelle autre pathologie nécessitant l’intervention d’un/e kiné. Qui a honte d’une entorse? A priori, personne. Donc, il faudrait envisager la rééducation du périnée de la même façon. Et puis, ça serait dommage de subir ce problème alors que des solutions existent. Par ailleurs, c’est en abordant la question, en normalisant le sujet du périnée qu’on peut avancer. Beaucoup d’athlètes y sont confrontés, autant réussir à en parler pour d’abord, s’apercevoir qu’on n’est pas une exception et ensuite, que ce n’est pas une fatalité.


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