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Le barbu fait l’Open : épisode 1

Disclaimer : ne comptez pas sur moi pour vous donner des conseils ou des stratégies concernant l’Open. Pour réaliser des cookies super cochons (entendez plein de beurre et de chocolat, pas avec du bacon et du jambon, évidemment) mais pas pour l’Open. La raison? Mais c’est très simple, Muriel. Je ne suis pas coach. Et je suis simplement « athlète » parce que c’est la terminologie propre au CrossFit®. Mais clairement, je n’ai rien en commun avec une Chyna Cho, si ce n’est une passion presque obsessionnelle pour les pandas.

Maintenant que c’est dit, entrons dans le vif du sujet : l’Open. L’Open qui a commencé par un beuglement nocturne. Pas de panique, je n’ai pas été attaquée par un loup garou (ou un Garou Garou qui chante beaucoup trop fort) mais simplement par le barbu qui, en pleine nuit, m’a annoncé qu’il s’était inscrit à l’Open et qu’il en était ravi. Le bonhomme n’est pas insomniaque, il travaille simplement en horaires décalés. Il rentrait donc d’une « journée » de boulot, à 6 heures du mat’ et m’annonçait la nouvelle avec autant de naturel que s’il était 16h30. Sauf que je bavais abondamment sur mon oreiller Blackroll, tout en rêvant que je devais mettre fin à une invasion de succubes, depuis une base armée secrète, localisée à quelques encablures de l’ancienne maison paternelle. J’ai une vie nocturne très riche. Et vaguement angoissante.
J’ai donc certainement marmonné un truc du style « gné, c’est super mon chéri. Zlurp. Gneu gneu ». Oui, je suis tellement loquace.

Pour l’annonce de Dave (pas celui qui vend du gouda), on a attendu le vendredi matin. Parce que, clairement, l’interruption de mes heures de sommeil ont leur limite. Et puis, sachant que je wode tous les jours sur zoom, je me doutais un peu que notre coach programmerait le 21.1. Jackpot, Muriel. J’ai profité de mon petit déj à base de pipi d’Anglais et de yaourt fermier pour regarder l’annonce sur YouTube (en différé, évidemment. On n’est pas à l’Eurovision. D’autant que ça manquait de perruques et de paillettes. A suggérer à NoBull peut-être…). Le barbu, lui, s’est levé trop tard pour assister à la diffusion via l’ORTF. Il a donc enchainé porridge puis WOD. Voilà qui risquait de décoller les crottes de nez.

Premier problème : trouver un mur. Clairement, on ne vit pas dans une maison en carton – même si cet article a commencé par une histoire de cochons. Mais disons que j’ai un léger problème. Enfin, pas seulement un. Mais en l’occurrence, celui qui nous préoccupe est ma propension à l’achat compulsif de livres.

Ce n’est pas de ma faute, je souffre de tsundoku (je me suis autodiagnostiquée, ça va plus vite). Ce n’est pas l’enfant illégitime du passe-temps favori des personnes parties en retraite en 1999 (le sudoku, donc). C’est « juste » une tendance à accumuler des livres que tu ne liras que plus tard, bien plus tard… Bref, l’appart, c’est un peu la bibliothèque d’Alexandrie, sans les cris de Claude François.

Moralité le barbu a du s’encastrer dans la porte d’entrée pour trouver un spot à wall walk. Sauf que l’endroit n’est pas une sorte de remake du pauvre de CrossFit® HQ. C’est un bout de couloir avec des patères, une pile de boîtes de baskets en attente d’un acheteur sur vinted (sans les négociations qui durent 317 jours à cause des frais de ports), du carrelage,… Bref, je pense que tu sais vaguement à quoi ressemble une entrée. Sauf si tu habites au CROUS dans 7m2, là tu as des circonstances atténuantes.

Donc je tourne le dos 5 minutes et je retrouve le barbu enroulé dans le rideau qui isole la porte d’entrée. J’ai cru qu’il me faisait un reboot du Fantôme de l’Opéra mais comme il n’avait pas utilisé d’escalope de veau crue sur son visage en guise d’effets spéciaux, j’ai rapidement compris qu’il s’échauffait. C’est vrai que le velours du rideau, ça peut tenir chaud. Déjà il grognait. Enfin, disons, plus que d’habitude, ce qui était plutôt mauvais signe. Surtout quand on n’est pas une nuit de pleine lune.

Après un bon warm-up, et le changement de consigne du chauffage du salon (eh oh, tu as cru que tu étais au cours de Bikram, Muriel?), c’est parti pour 15 minutes de 21.1, version sans équipement. Bah oui, parce que tenter de te prendre pour un hélicoptère en jetant ta corde à sauter dans le plafonnier, ça peut être hasardeux. D’autant plus quand ton plancher bouge et que tes meubles peuvent finir dans le même état que lors d’une attaque de lézard japonais géant.

Moralité, le monsieur, après avoir dégagé notre succursale de La Halle aux chaussures, se jette par terre tel un petit écolier nippon en plein exercice sismique. Là, il s’aperçoit que le tapis de l’entrée n’a pas été retiré, que le bordel glisse franchement, et que son corps entame un virage inattendu qui flirte avec le ventriglisse. Et de un wall walk.
Il s’attaque ensuite aux lateral jumps, tel Jean-Claude Killy sur le champ de bosses de Valloire Galibier. Et hop, et hop, et hop, en route vers la tartiflette. Bon OK, il est 10 heures du mat. C’est peut-être un peu tôt. Mais au Havre, on est des dingos, on n’aime pas les horaires. On est des punks du planning. Moralité, plein de gens déambulent dans les rues à 9h du mat un demi-litre de bière à la main. Alors, avec une tartiflette, tu passes presque pour un amateur.

Série de trois wall walks, la clanche de porte tente de communiquer avec ses organes internes. Chaque rep est validée par un arrimage digne de la station Mir. Au passage, il tente de faire sauter le judas à coups de pied. Soudain, le WOD bascule dans la 4e dimension. En moins de temps qu’il ne faut pour dire benchmark, son pied glisse et heurte le boitier de l’alarme. Alarme qui se déclenche et hurle. Là, il doit se retourner rapidement, histoire de saisir ses clés de maison et le badge de l’alarme afin de la désengager. Il nous lâche également une caisse supersonique, qui dans l’espace confiné de l’entrée, manque de l’occire (tandis que, de mon côté, je suis à deux doigts de faire appel à la convention de Genève mais je ne dis rien. Je suis en apnée).

Plus le temps passe, plus il émet des bruits non identifiés. Serait-il en train de caviter? Serait-il en train de mourir. Il passe beaucoup de temps en PVS, Position Ventrale de Sécurité. Notre coach lui crie de se relever. Le barbu bougonne. Toute vie ne l’a pas encore quitté. Et bien trop longtemps se passe avant que le timer ne sonne la fin de la torture.

Mais ce n’est pas encore fini. En guise d’after, il doit démonter la moitié de la baraque pour sortir l’escabeau et recrocher le rideau de l’entrée, qu’il avait choisi – sagement – d’enlever. La porte, blanche, est constellée de marques de chaussures. Heureusement que j’avais investi dans une éponge magique de Monsieur Propre lors d’un drive chez Auchan. Il doit aussi réparer le judas et se trouver une nouvelle paire d’épaules.


Allez, comme on dit dans Silence ça pousse (n’y voyez aucune référence autre qu’à la nature), à la semaine prochaine !

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