Blablabla, Débuter

Je veux voir des gens et faire de l’Assault Bike (ou plutôt du Bike-erg, si je dois choisir)

Messieurs, dames, je suis au bout du foam roller. C’est comme être au bout du rouleau, sauf que je travaille encore ma mobilité. Oui, encore. Je résiste, je prouve que j’existe. Même si, techniquement, je ne sais plus vraiment dans quel état j’erre.

Voilà quelques semaines, on nous teasait un 3e confinement. Bouarf, tu parles d’un teasing. Sauf que, si j’en crois mes informateurs imaginaires, le truc tenait plus du complot des fabricants de pâtes et de PQ – pour écouler une éventuelle surproduction, que d’une véritable annonce. Pas de reconfinement, qu’il a dit le monsieur. Une bonne nouvelle qu’on a pu célébrer autour d’un verre entre amis. Ah non, en fait. J’ai juste mis une rondelle de citron vert dans mon eau gazeuse, fofolle que je suis.

Si la nouvelle, en elle-même est plutôt positive (disons que j’en ai un peu marre de m’auto-autoriser à sortir – j’ai l’impression de falsifier la signature de mes parents sur mon carnet de correspondance), plus personne ne parle d’une éventuelle date de réouverture des salles de sport. Ni des restaus, des cinémas ou des musées. Bref, tous les lieux autres que nos sites de travail et les supermarchés.

Et l’un dans l’autre (et je ne parle pas d’un épisode de Bridgerton), j’ai l’impression que nos « loisirs », ce qui nous sert de soupape, de distraction, de sociabilisation, d’enrichissement culturel, personnel, a complètement été foutu sous le tapis. Reniez les bases d’une bonne tenue de son intérieur à ce point, c’est moche. Le refrain qui tourne en boucle : bosse et tais toi. Ou plutôt bosse et deviens un blob. Physiquement, émotionnellement, intellectuellement, socialement. Une sorte d’interminable jour de la marmotte.

Moralité, tu as dépensé l’équivalent d’un quart de ton budget vacances au Costa Rica en plantes vertes et en café. Histoire de survivre aux réunions zoom en chemise et pantalon de pyjama, aux hurlements de ton supérieur qui s’est cru dans une session de spiritisme (Muriel, Muriel, tu es là? Si tu nous entends, envoie-nous un signe) et de te mettre dans une vague ambiance tropicale. Sauf que c’était une mauvaise idée. Aussi mauvaise que celle de juste te décolorer deux mèches sur l’avant du crâne quand tu avais 14 ans.

Tu t’es tapé une facture d’électricité si prohibitive en janvier qu’EDF t’a listé comme potentiel producteur de weed, tu as dézingué 3 plantes lors d’un skill handstand et tu envisages de sniffer ton arabica, histoire que la caféine soit plus rapidement absorbée par tes synapses. Et le peu de fois où tu mets le nez dehors afin d’aller chercher ton drive de coquillettes avant 18h, tu hurles seul(e) au volant de ta Dacia, surtout en passant devant des stades : « regarde-les ces petits cons ! Ils jouent au rugby alors que, moi, je ne peux pas woder à la box. J’espère qu’ils vont chopper une chiasse de l’espace, tiens! Hein, ouais, Muriel? » Ah bah non, Muriel n’est pas sur le siège passager. Fort heureusement, car elle aurait assisté à cette débâcle.Et elle en aurait peut-être touché deux mots à Géraldine de la compta, dont la mère fait du point de croix avec ma belle-mère. La dite belle-mère qui est persuadée que tu as déjà abandonné 4 nourrissons devant le bureau des PTT de Bolleville, car tu es trop occupée à te préoccuper de ton Front Squat pour écouter ton horloge biologique.

Et pendant ce temps, Blanquer se fait un petit Time Wrap en plein gymnase, sans Rocky et son slip doré. Ce qui, en soit, n’a pas un grand intérêt. Même si techniquement, l’idée était de vanter les mérites de l’activité sportive quotidienne en milieu scolaire. Tu l’as bien lu, l’énoncé du problème? En milieu scolaire. Parce que, manifestement, si tu n’as pas de cartable Tann’s, tu oublies.

Depuis quand la santé est un acquis? Depuis quand ne s’entretient-elle pas? Depuis quand santé et hygiène de vie ne font plus partie d’un ensemble? Il ne s’agit pas d’un caprice, pas d’un éventuel but esthétique, mais plutôt d’une histoire de santé, physique, comme mentale. Parce que, oui, si je tente de zigouiller un vieux qui veut me piquer ma place dans la file d’attente du Monoprix, en tentant de l’étrangler avec une paire de collants 100 deniers, on aura l’air malin. Surtout moi.

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Sors tes collants, j’arrive


Pendant ce temps, d’autres pays semblent avoir un point de vue bien différent : «Le sport pour nous est synonyme de santé et nous voulons continuer à en prendre soin et à le promouvoir dans la Communauté de Madrid. Nous savons que le sport est le meilleur allié contre l’obésité, contre la sédentarité et il nous rend également plus forts contre la Covid. C’est pourquoi nous ne voulons pas fermer les gymnases, nous voulons qu’ils continuent à se comporter comme ils l’ont été jusqu’à présent, en maintenant toutes les mesures d’hygiène et de sécurité car ils montrent qu’ils sont des endroits sûrs. Selon des études nationales et internationales, les gymnases ont une probabilité de produire des infections de moins de 0,3%, ce qui montre qu’ils sont des endroits totalement sûrs et qu’ils ont donc tout notre soutien en tant que gouvernement régional pour les garder ouverts. » Voilà pour la communauté de Madrid…

Bien sûr, c’est un peu l’exception qui confirme la règle. Mais pendant ce temps, Salomon (la marque de sport, pas le roi qui veut couper des bébés en deux) annonce la sortie d’un masque adapté aux sports d’endurance. Decathlon planche aussi sur un projet similaire. Le bout du tunnel? Sauf que…Sauf qu’on commence à faire marche arrière concernant les masques en tissu – du moins ceux « maison ». Quid de ces masques de sport? Seront-ils homologués? Si oui, une telle autorisation sera-t-elle délivrée dans moins de 37 ans?

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Masque Salomon, version été

Tout ça pour dire que, même si j’admire la créativité du coach pour inventer des WODs différents chaque jour, et ce presque uniquement à base de poids de corps, j’en ai un peu ras la genouillère de faire des lunges face à ma voisine en train de s’épiler la moustache.

Promis, je mangerai des choux de Bruxelles la veille (même si je n’aime pas ça), histoire de foutre en l’air mon microbiote et lâcher des perlouzes à intervalles réguliers afin d’éviter que quiconque ne s’approche de moi à plus de 2 mètres pendant les WODs. Promis, je me baladerai même avec un petit spray désinfectant et une bombe de febrèze pour aveugler toute personne à proximité immédiate de mon Assault Bike. Je veux même bien investir dans un tutu plateau, histoire de me transformer, toute seule comme une grande (façon de parler) en périmètre de sécurité.


Bref, tout ça pour dire que j’en ai plein le grand fessier. Je vous laisse, je vais jeter des cailloux sur des enfants qui pratiquent un sport collectif.

Photo à la une : https://unsplash.com/@victorfreitas

3 réflexions au sujet de “Je veux voir des gens et faire de l’Assault Bike (ou plutôt du Bike-erg, si je dois choisir)”

  1. Salut,

    je suis tombé sur ton post en recherchant des infos sur le BikeErg. Et oui j’ai fait mon choix, et mon joujou devrait bientôt arriver, après 4 mois d’attente et de faux espoirs de déconfinement, vaccination et musculation ! 🥳🎉✨

    Tu as un certain talent d’écriture !
    Continue et bon courage, ça va durer un certain temps.

    Olivier
    Paris

    J’aime

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