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The Show Must Go On…

Promis, ce n’est pas parce que je cite un titre de Queen que j’ai décidé de me laisser pousser la moustache. Il faut dire que si, pour le moment, si mon bide ressemble à un jeu de points à relier, édition hématomes, ce n’est clairement pas à cause d’injections de testo (stérone, pas Fred Testot, merci bien, j’ai déjà épousé un comique). Sachant que le festival de la picouze est prévu pour atteindre des proportions vaguement bibliques (6 semaines), j’hésite à demander à l’infirmière de suivre un tracé précis pour me dessiner un six-pack. Un peu comme une version paramédicale du contouring.

Si j’en suis rendue là, ce n’est pas à cause d’hormones de croissance afin de moins en chier sur les wallballs ou le rameur. Je crois que, point du vue croissance, ma seule alternative est d’attendre un retour en grâce des baskets Buffalo. Mais ça finirait de tuer le mood pour 2020.
Non, ce goût pour les injections, presque aussi prononcé que pour Moman Kardashian, c’est pour éviter la phlébite – à savoir l’obstruction d’une veine par un caillot sanguin. Pourquoi? Simplement parce que Pouf le cascadeur a encore frappé. Bah tiens !

J’étais fière comme si j’avais un bar-tabac : cela faisait un an que je n’avais pas eu d’ennuis. Dernière merdouille en date? Une entorse de la cheville en redescendant un rope climb. Le tout, le matin de notre départ en vacances. Merci, bonsoir. Moralité, j’ai donc joué du drop-in avec une cheville en papier-bulle et découvert Saint-Malo en boitillant. C’est ce qui s’appelle avoir le sens du détail quand on sait que la ville est surnommée la Cité Corsaire.

Là, j’étais en mode « Polly Pocket sous amphet », à me réjouir de cette absence de merdes (hormis ce foutu confinement, et ma tentative de transformation en canard du Gers). Moralité, l’univers a certainement capté mes ondes positives. Ce que je pensais être un motif de réjouissance a été considéré comme un défi par cette enflure de karma. Putain, quand je vous dis qu’il ne faut jamais sortir de son bunker sans chapeau en papier d’alu triple couche Albal !! C’est encore un coup à virer Franc-Maçon ou à être vacciné de force par un raton laveur installateur de 5G.

Donc mardi dernier, je vais faire mon WOD Gym, en mode « tralalalalère ». Ouais, vraiment. Genre la fille Ingalls dans les champs. Sauf qu’elle se croute, la gourde. Mais depuis quand la télé a raison? Narf narf naf.
Et au programme du skill, de la pliométrie. Tu sais, ce nom barbare qui rappelle certaines matières scolaires (Trigonométrie, cahier à couverture rouge. Géométrie, couverture verte, …) sauf que là, tu n’essaies pas de buter ton camarade de bureau à coups de rapporteur et de compas. Là, il faut sauter tel un lapin qui a bouffé trop de Celebrations. Malheureusement, dans une vie antérieure, j’étais un équidé. Pas un pur sang arabe aux flancs étincelants et à la crinière soyeuse – sans intervention de lisseur Steampod, qui plus est. Non, un petit poney shetland. Un petit poney shetland qui n’avait que des aspirations très simples. Gambader dans la prairie, faire des petites crottes par-ci par-là, et qu’on lui fasse des tresses. Toutefois, cet animal a été adopté par un enfant capricieux et un peu trop serré dans son fuseau beige. Il devait s’appeler Olaf, et avoir une très mauvaise qualité de peau à force de manger de la charcuterie. Et Olaf a décidé que je devrais faire du saut d’obstacles, ce en dépit de mes velléités de liberté. Cela a nécessairement induit de mauvais traitements à base de coups de talons dans les flancs et de cravache. Depuis, je déteste sauter. En particulier des obstacles. Ca me fait bloblotter les nichons et je fais des refus d’obstacles (aucun lien entre les deux ennuis).

Depuis que j’ai changé de box, les coachs tentent tout, ou presque (pas l’alcool, même si j’ai demandé gentiment) pour régler le problème. Un peu comme la carrière de Britney, j’ai des hauts et des bas. Et parfois, j’ai juste envie de foutre en l’air la box à coups de parapluie. Mais puisque je respecte le matériel, et que ça m’obligerait à me raser la tête – et ça, c’est pas sympa niveau aspi – je résiste. Je tente de me réconcilier avec mon moi précédent en mâchant de la luzerne et en apprenant à me faire des tresses inversées sur YouTube.

La semaine dernière, je suis encore hésitante sur mes exercices, mais portée par la bonne ambiance et la bienveillance des copains, je tente un high box jump. Là, l’hymne à la joie résonne sous formes d’accouphènes, ça passe. Jusqu’au moment où je bascule et me réceptionne mal. Crac. La cheville qui fait un bruit de Krisprolls. Les dents du fond qui baignent sans le mojito, la cheville qui gonfle comme une arche de ballons d’anniversaire. Tu pensais faire des wallballs? Direction les urgences ! Et comme un malheur n’arrive jamais seul, la clinique diffuse une rediff de Demain nous appartient. Tu la sens l’ironie? Demain nous appartient, en salle d’urgences. Voui. Remarque, les dialogues finissent de m’anesthésier alors que le doliprane orodispercible se coince entre mes incisives. Un peu comme si je grignotais de la magnésie. Au bout de longues minutes de souffrance télévisée, un urgentiste me tord la cheville « pour voir ce que j’ai ». Et je manque de lui jeter ma metcon dans la tronche. Faute de mieux, je me mets à gueuler comme un putois, un peu comme j’ai l’habitude de faire sur un max haltéro. Un peu plus et je saignais du nez.

Ensuite, direction la radio (logie, pas NRJ Premier sur les Hits, isn’t it?). Seconde épreuve : re-la salle d’attente. Putain, quelle inconsciente : « J’ai dit bonjour en entrant ». Là, une madame déplâtrée voit ça comme une incitation à la sociabilisation. Non. Non. Non, tu arrêtes ça tout de suite, Josette. Je m’en fous de savoir que tu ne vas pas pouvoir toiletter des caniches pendant deux semaines. Je ne vais pas pouvoir faire de rameur pendant un moment, et pourtant est-ce que je me suis crue aux éclopés anonymes? Non ! Alors tu ranges ton café pipi de chat et ton mélo à base de poils de chien. La madame de la radio vient me chercher et me dit que m’allonger sur le côté « comme si je dormais ». T’inquiète, roupiller, ça me connaît. Sauf que c’est juste une arnaque et que ce n’est même pas une micro-sieste. Retour dans la salle d’attente et pas moyen de lire les romans photos de Nous Deux : la presse a disparu à cause du COVID.

Après avoir boitillé comme un sac à vin jusqu’aux urgences, je me jette sur un fauteuil imaginé par des ingénieurs carcéraux (le truc est tellement inconfortable que si tu ne souffres pas en arrivant, tu souffres en repartant) et j’ouvre le compte-rendu : Fracture. Et sur le cliché, je constate qu’un morceau de ma malléole a décidé de se barrer direction Ibiza (le machin s’est pris pour Mbappé). Un vrai Kit Kat break le bordel.

L’ugentiste Grumpy Cat revient et m’annonce « fracture ». Oui, merci, je n’ai pas encore basculé dans l’illettrisme. « Faut plâtrer ». Merde, putain de b**** à c**, exactement ce que je redoutais. Et cerise sur le chia pudding, 6 semaines. Autant te dire qu’à la fin, je vais avoir la guibole d’un foutu Grizzly et l’odeur d’un pot de crème fraîche abandonné en plein soleil. En attendant de laisser la bête sortir – littéralement – je me laisse un jour de rest day avant de retourner woder en mode « bras-pecs-bras ».

A suivre…

Histoire de ne rien râter cette aventure palpitante plein de poils, de skierg et d’odeurs non identifiées, abonne-toi !

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