compétition, Débuter, Rencontre

Bénévole au Fittest Cop !

Depuis quelques années, une idée me trottait dans la tête. Du moins une parmi le bouillon d’impulsions électriques qui animent mes synapses nuit et jour, causant parfois des questionnements métaphysiques du niveau du mythique « Les pingouins ont-ils des genoux? » nocturne. Fort heureusement, au milieu de cette colle neuronale, parfois, des pensées un peu plus cohérentes jaillissent. Aussi, ça faisait un moment que je voulais être bénévole pour la compétition The Fittest Cop. Pourquoi pourquoi? Simplement parce que, en plus d’être une compétition qui envoie du bois, The Fittest Cop c’est aussi l’occasion de rendre hommage aux membres des forces de l’ordre et aux pompiers. Elevée dans la fascination des camions rouges, et rapidement versée dans les tentatives de vol du casque de pompier appartenant à mon grand-père, m’impliquer dans l’événement semblait une évidence. Et puis, j’avais juste une envie irrépressible de faire partie de l’aventure.

L’année dernière, le barbu étant noyé sous les révisions, j’ai opté pour le soutien conjugal et je suis restée dans mes pénates, histoire de m’assurer qu’il ne mourrait pas de faim. Oui, ma cousine élue « fée du logis » serait certainement très fière de cet élan domestique vintage. Sauf que même Bree Van de Kamp doit faire sa life. Et au détour d’une promesse faite au French Throwdown, j’ai donc noté les 4 et 5 mai dans mon google calendar. On s’était dit rendez-vous dans 10 mois, dixit Jean-Michel Bruel, cousin de Patrick, disponible pour vos thés dansants et festivals de la crêpe dentelle.

J’ai donc postulé, réservé mon hôtel et vendredi soir, me voilà en route pour Issy-les-Moulineaux dans la Coachmobile (c’est comme la Papamobile mais avec ton coach au volant et sans le bocal en verre parre-balles pour loger ton fauteuil Stressless ). Atterrissage deux heures plus tard face au Palais des sports Robert Charpentier, où, déjà, la team Build s’active pour mettre en place le terrain de jeux. Rendez-vous est pris pour le lendemain matin à 7h30.

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En attendant, soirée avec les copains et tentative de mort imminente dans un Ibis budget équipé d’un abattant de chiottes en kit. Entre deux brossages de dents dans un lavabo volé dans un accueil périscolaire, je tente donc le tournoi international de frisbee avec un couvercle de WC avec Françoise, mon alter-ego maléfique. Le lendemain matin, je roule directement du lit à la douche (qui est DANS la chambre), histoire de décoller tous les cacas dans mes yeux et je tente de créer un pansement gastrique avec des tranches de pain protéiné et du beurre de cacahuètes, embarqués dans mes bagages. Erreur fatale : arrivée au Fittest Cop, le coin réservé aux bénévoles croule sous les viennoiseries toutes fraîches. On est gâtés! Merde, demain, je jeune une petite heure, histoire de succomber à la pâte feuilletée et au chocolat. Bref, trêve de gluten, c’est l’heure de bosser. Ou presque. Comme je fais partie de la team Media, tant que la compétition n’a pas commencé je suis au chômage technique. Sauf que, comme dirait Mamie Colette « tu ne vas pas rester les deux pieds dans le même sabot, Clémence ! » Je me retrouve donc à la buvette. Certains y verront une coïncidence, d’autres un signe du destin. Je tiens juste à préciser qu’il n’y avait pas de tireuse à bière. Donc ma présence derrière le bar n’a rien à voir avec un goût pour le houblon. J’avais juste entamé un benchmark connu sous le nom de « Marie » qui consiste en un AMRAP dosettes à café.

A 9 heures, les hostilités commencent ! Me voilà armée de mon téléphone pour filmer les lives Facebook. C’est parti pour le WOD 1, concocté par Willy Georges, qui consiste en un pétage de cuisses dans les règles, induit pas l’abus de wallballs. Beaucoup de wallballs ! La bonne nouvelle : je ne suis que le témoin de cette souffrance comparable à la violence d’un rhume chez un homme. La mauvaise : je sais qu’un jour au l’autre, le WOD va me retomber sur la tronche puisque mon coach est qualifié chez les Masters. Je filme donc l’épreuve avec une empathie vaguement égoïste.

Le WOD 2, avec plusieurs relais, est plus difficile à filmer. Tout va très vite, les athlètes vont et viennent entre box jumps, push press et chest to bars. Il faut être là sans être là, tout immortaliser sans gêner. J’ai beau être « une personne de petite taille » (n’est-ce pas Nathan???), je prends quand même un peu de place. Et c’est dans ces moments-là qu’on regrette que, d’être née l’année de Tchernobyl n’occasionne que la menace de problèmes thyroïdiens, et non une paire d’yeux supplémentaires (même si ça n’en serait qu’un plus gros budget chez Sephora).

Pour le WOD 3, synchronisation des montres athlètes avec du deadlift en duo et des toes to bars synchro. Sachant que ce dernier exercice induit parfois une absence totale de coordination de mon corps flirtant avec l’exorcisme, je ne peux être qu’admirative devant les guiboles qui montent et descendent, à l’instar d’un French Cancan en lévitation. Ah ça c’est Paris (à dire avec une voix nasillarde d’un film des années 30). Et c’est officiellement la fin de la première journée !

Le lendemain, je peux pas j’ai piscine. Fort heureusement, pour moi, ça se limite à patauger dans le pédiluve (argh!! Le pédiluve) en leggings. Ca tombe bien car je n’ai pas encore eu l’occasion de flinguer le fruit de mon dur labeur auprès d’enfants psychopathes en brassière/maillot de bain Chestee. Et puis, mon déficit en vitamines D m’interdit toute vie aquatique en public. Bref, on laisse ça aux athlètes…qui n’ont pas tous l’air d’avoir très envie de sauter dans le grand bain. Bah oui, il faut aller sauver Roberto, le mannequin moustachu, qui a eu envie de faire un plouf alors qu’il a oublié bras et jambes au vestiaire. Le tout en passant dans un cerceau et sur un tapis. Bref, du bébé nageur de l’espace. Une fois que Roberto a épargné à sa couleur les assauts du chlore, les athlètes doivent sortir faire un max de thrusters. Oui, sortir. Dehors. Alors que BFM fait de reportages sur les marchés pour dire qu’il pèle sa race. Même pas peur. Ils foncent dans le tas sur les kettlebells pour affronter l’un des mouvements les plus honnis de l’histoire du CrossFit®.

Pendant ce temps, j’arpente les bassins telle une prof de gym un peu angoissante (vous savez, du genre qui vous gueulait dessus en 5e pendant qu’elle était au bord du bassin, emmitouflée dans son K-Way et son survet parme pendant que vous tentiez la congélation de vos jeunes parties génitales), histoire de ne rien louper. L’objectif du jour? Eviter de se foutre la tronche par terre. Car oui, dans ma famille, on a un centre de gravité très bas. C’est comme ça que ma mère a fini faxée sous une 205 GTI. Je précise tout de même que, même si j’habite en Normandie, on n’a jamais abusé du calva. Je pense juste que, dans ma famille, nous sommes faits pour la reptation. Remarquez, finir dans le flaquet aurait peut-être fait du bien à mon téléphone qui frise régulièrement l’implosion.

Après un farmer walk improvisé, histoire de ramener les kettlebells au stade, c’est le temps de la pause syndicale. La reprise se fait en début d’aprem avec le WOD final. Au programme, un combo DU, MU et strongbag. Tandis que les athlètes s’envolent, la tentation de rester comme deux ronds de flans est grande (bah oui, ça a tellement l’air facile que j’en reste presque interdite) sauf que je n’ai pas envie de rencontrer une semelle de Nano de près à cause d’un kipping un peu hargneux. Bref, à n’en pas douter, les athlètes ne sont pas là pour faire de la figuration. Mais au-delà de l’enjeu sportif, ils sont là pour la bonne cause. Comme tout le monde ici. Je savais que The Fittest Cop n’était pas une compétition comme les autres.

Ce week-end, j’en ai fait l’expérience. Car si je vous raconte mon week-end, je n’étais pas dans ma bulle, en mode April O’Neil reporter. J’ai travaillé en binôme avec Aurélie, qui s’occupait d’Insta et a eu la gentillesse de m’aider à me débattre dans mes tentatives d’apprivoiser le stabilisateur d’images. Rompue à l’exercice depuis l’année dernière, elle a répondu à mes questions existentielles de débutante angoissée. J’ai aussi été épaulée par l’implacable trio Neil/Cyril/Lucien, qui m’ont aiguillée pendant tout le week-end et ont basculé dans une véritable contrebande de téléphones portables afin de me permettre de continuer à filmer. Il y aussi eu l’incontournable Jimmy, s’assurant que je ne meure pas de déshydratation ou de faim. Sans oublier Alex, Delphine, Hannah, et tous les autres… Les vannes de la Team Sécurité, les pancakes de la Team Judges, … Et des commentaires orchestrés par un Elie magistral. Bref, si c’était ma première année en tant que bénévole, j’ai rapidement eu l’impression de faire partie d’une chouette famille. Nous étions là pour aider, participer, mais aussi rendre hommage à ceux qui n’étaient plus là parce qu’ils voulaient protéger et servir. Et ça, personne ne l’a oublié. A l’année prochaine !

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