Rencontre

Le jour où j’ai interviewé Brooke Ence

OK, j’assume : je suis fan de Brooke Ence. J’ai passé des soirées entières à regarder des tutoriels YouTube pour apprendre à faire des tresses inversées, sous prétexte que ça maintenait mieux les cheveux pour faire des DU. Sauf que personne n’est dupe. Et que je ne suis pas blonde. Ou très forte au CrossFit. Bref, l’art et la manière de se graisser les cheveux inutilement et de finir avec un bras plus gros que l’autre. Pire, le sol de ma salle de bains était jonché de cheveux au point qu’on aurait pu penser que le perruquier de Trump avait passé son week-end ici.

Je tente de me soigner mais un peu avant les Reebok CrossFit Games, j’ai fait une rechute. Brooke Ence allait venir en Europe pour une série de séminaires et rencontres. Aussitôt, mon cerveau malade se dit que ça ferait une super interview pour WorkOut’ Mag. Une fois l’idée validée par The Big Boss, le sommet des Nations Unies débute : c’est le temps des tractations. A la différence de Dave Castro, pas moyen de contacter Brooke Ence directement. Pour les Pages Jaunes du CrossFit, on repassera. Grâce au ciel, ou plutôt aux Avengers de Reebok CrossFit Louvre (encore merci !!), je suis mise en contact avec son agent. Pendant les Games, pas de nouvelles. Je fais taire les voix dans ma tête, histoire de ne pas trop m’inquiéter : Brooke Ence intervient comme analyste sportive. Elle a d’autres chats à fouetter. Enfin, pas littéralement.

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Tommy Marquez, Brooke Ence et Dan Bailey // Source : Page instagram de Brooke Ence
Je passe toutefois les dix jours suivants à hyperventiler : aucune nouvelle n’arrive. Je me résigne : c’est foutu, l’interview ne se fera pas. Adieu illusions et espoirs ! Laissez-moi noyer mon chagrin dans le prosecco et la magnésie liquide. Oui, je suis tellement optimiste…
Sauf que la veille de leur arrivée à Paris, bam ! Vive le cliffhanger ! Matt, son agent m’envoie un mail pour me dire qu’ils sont d’accord pour faire l’interview. Je pense que cet homme écrit également des épisodes de Game of Thrones sur son temps libre, tant il maîtrise l’art du suspense. Et croyez-moi, ce n’était pas fini !  Mémé a eu intérêt à prendre ses pilules pour la tachycardie. Les mails vont et viennent pendant plusieurs jours jusqu’au 21 août. A 23 heures, c’est certain : l’interview se fera… le lendemain. Sauf que je n’habite pas à Paris : je dois donc me jeter dans un train corail tout pourri dès 8 heures du matin, en priant Raël et les extraterrestres pour que mon train ne tombe pas en panne (ce qui arrive environ trois fois par jour sur cette ligne). J’asperge donc une peu d’eau bénite sur le convoi et je brûle de la sauge dans la voiture, histoire de me débarrasser des mauvais esprits cheminots.

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Une fois dans la Ville Lumière, je suis dans les starting-blocks : je ne connais pas l’heure ou l’endroit du rendez-vous ! Je n’obtiens l’info qu’un peu moins de deux heures avant…pour apprendre que l’interview se fera en voiture. En voiture??? Allez, zou en voiture Simone. Tu as toujours rêvé d’être April O’Neil, maintenant, tu assumes.
Après avoir vérifié 57 fois que mon dictaphone fonctionnait (ça s’appelle un TOC quand on est lucide sur sa condition), je passe dans une phase d’autoflagellation intensive : mon micro va-t-il être suffisamment puissant pour résister aux bruits de la circulation parisienne? Combien de temps vais-je avoir pour l’interview? J’ai juste envie de me jeter dans une bouche d’égout et de finir mes jours avec les Tortues Ninja. Ou un clown psychopathe. Je ne sais plus vraiment.

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Comme une gourde, je descends une station de métro trop tôt (non, mais WTF, poulette?) Mon cerveau ressemble à de la purée Mousseline.  A un cheveu d’être en retard, j’active mes guiboles d’enfant. Pile à l’heure (déjà un miracle en soi pour les gens qui me connaissent). Sauf qu’à l’adresse indiquée, une porte cochère anonyme jouxtant un hôtel chic, il n’y a personne. J’indique mon arrivée à l’agent. Et là, je patiente 2 minutes, 5 minutes, 10 minutes, 15 minutes. Et là, je vais sur instagram : Brooke Ence est à Versailles. Euh…ça veut dire qu’il faut la rejoindre? Sachant que je suis en plein cœur de Paris, ça s’annonce épique ! Soudain, tel Houdine, version sponsorisée par Nike, son agent surgit de nulle part et s’excuse pour son retard. La raison? Il était au téléphone avec Mat Fraser. Excuse autrement plus classe que « pardon je suis en retard, je n’avais pas envie de venir ». On trouve le Uber et c’est parti pour…bah je ne sais pas où on va. Versailles? Paris? Marseille?

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Finalement, une dizaine de minutes de trajet et nous nous retrouvons au pied de l’appartement où résident Brooke et son mari, Marston. On rentre dans le hall. « Elle arrive » m’annonce son agent. J’ai le palpitant qui fait une crise d’hystérie. Je passe en mode « j’ai 12 ans et je vais voir les Spice Girls ». Je suis à deux doigts de me rouler par terre, la bave aux lèvres.
La lumière s’allume dans l’escalier de l’immeuble, et la voilà. Je reste comme deux ronds de flan. Première pensée (un peu en mode binaire) : OK, elle est splendide. Elle est parfaite. Et adorable. Cette première pensée était très longue. Deuxième pensée : ne bave pas.
En quelques secondes, elle me parle avec beaucoup de naturel. Premier sujet abordé?  Les chaussures ! Un peu cliché mais évident quand tu te promènes avec des NoBull (un de ses sponsors). Nous montons en voiture. Je suis prête à dégainer le dictaphone mais Brooke en a décidé autrement : elle veut des adresses pour faire du shopping ! Au bout de quelques minutes, je lance mes premières questions tandis que le GPS du chauffeur Uber s’égosille (ta gueule TomTom !). Et soudain, c’est la cata. Nous sommes arrivés. J’ai posé deux questions. L’interview a duré 9 minutes.

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Fort heureusement, Brooke décide de s’asseoir dans un café pour continuer de répondre à mes questions. Pendant plus de 30 minutes, elle n’élude aucun sujet : son expérience aux Games 2015, sa blessure, la dureté du tournage de Wonder Woman,... Le tout sous l’œil de son agent. Je zappe certaines questions : elle est bavarde et je sais qu’elle n’a pas énormément de temps à me consacrer. Reste qu’elle se prête à l’exercice de bonne grâce et ne me presse pas pour expédier l’interview. A la fin de l’interview, arrivent son mari, Marston Sawyers (réalisateur pour les films de CrossFit HQ, cameraman sur tous les événements des Games et membre de la team CrossFit Media), Tommy Marquez (membre de la team CrossFit Media, analyste et présentateur des Games) et sa conjointe Tiffany. Matt, l’agent de Brooke, fait les présentations et me demande si je les connais. Tu l’as dit bouffi ! Bien sûr que oui ! Je suis au bord de la crise d’hystérie et les bulles de mon Perrier manquent de se faire la malle via mes trous de nez. Ils m’annoncent vouloir visiter les catacombes et Brooke veut que je les accompagne. Quoi? QUOI? QUOOOOOIIII?

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D&CO a encore frappé…
C’est parti pour un voyage sous terre avec certains des visages les plus connus de CrossFit HQ. Et ça commence par Tommy Marquez tentant de négocier avec le guichetier pour que je ne me tape pas deux heures d’attente, vu que je suis la seule à ne pas avoir de billet. Arrivée dans les catacombes, la discussion s’engage. Tommy, Marston, Brooke et Tiffany sont adorables et n’ont de cesse de blaguer. Bref, je bascule dans une de leurs vidéos YouTube. Et je ne pensais pas si bien dire. Tandis que Brooke partage son audioguide avec moi (forcément, c’est qui la gourde qui n’a pas vu que tout le monde avait un audioguide???), je tourne la tête pour m’apercevoir que j’ai une caméra sous le nez. Et là, mort cérébrale. Vide intersidéral. Je pense avoir vécu la même expérience qu’un lièvre face à un Dacia Duster un petit matin de décembre. Je tente vainement de contrôler les muscles de mon visage, histoire de ne pas montrer à coups de grimaces que j’ai juste envie de me jeter dans une pile de fémurs pour éviter que ma tronche ne finisse en vidéo. Je résiste, je prouve que j’existe.

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Durant toute la visite, Brooke est filmée et partage son expérience. Pas évident d’être constamment sous le feu des projecteurs. Mais chez elle, cela semble naturel. A la fin de la visite, nous remontons les 12 milliards de marches tandis que Marston n’a de cesse de la taquiner. Notre discussion continue tandis que Marston décide d’aller acheter des crêpes. Et là, je vois l’heure. Dans moins de 40 minutes, je dois reprendre mon train. Or, je suis à l’autre bout de Paris. C’est malheureusement l’heure du départ. Hug général. Brooke me remercie de m’être déplacée pour l’interviewer (je serais venue sur les genoux si nécessaire !!!) et là, sprint vers la station de RER la plus proche. Dans le train, tandis que j’envoie un dernier message pour remercier Brooke pour cette superbe opportunité de l’interviewer et de passer du temps avec elle, je suis aussi détendue et émerveillée qu’après un week-end à Berlin à gober des Smarties.

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Retrouvez mon interview de Brooke Ence dans le numéro 17 de WorkOut’Mag.

La visite des catacombes sur la chaine YouTube de Brooke Ence, c’est par ici.

fb

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2 réflexions au sujet de “Le jour où j’ai interviewé Brooke Ence”

    1. Merci beaucoup Stéphanie, ça me fait très plaisir que tu aimes ma façon d’écrire 😉
      Lol, tu m’as vue en mode « bug » sur le vlog :/ Sacré Marston, il se promène sans arrêt avec sa caméra.
      C’était vraiment un moment formidable. Je suis encore plus fan maintenant.

      J'aime

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